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Vie de Simon Arnauld de Pomponne

 

 

 

 

Il naquit à Paris en novembre 1618 de Robert Arnauld d’Andilly, conseiller d’État, célèbre écrivain et polémiste janséniste et de Mlle de la Boderie, fille de M. de la Boderie, conseiller d’État, ambassadeur auprès des archiducs Albert et Isabelle à Bruxelles et de Charles I er, roi d’Angleterre.

Simon Arnauld, alors appelé M. de Briottes, reçut de son père une éducation convenant aux grands emplois auxquels il était destiné, auprès de l’abbé Barcos puis au collège de Lisieux. Fréquentant l’hôtel de Rambouillet, il écrivit plusieurs poèmes pour la Guirlande de Julie puis obtint un emploi d’intendant de l’armée de Casal en 1642. Malgré la retraite de son père, il est nommé Conseiller d’État en 1644. Il demeure fidèle au roi pendant la Fronde et remplit diverses missions dans l’armée navale en partance pour Naples, en Dauphiné ou en Italie du nord. Il est enfin nommé intendant de l’armée de Catalogne en 1651.

Après quelques temps sans emplois, c’est vers la diplomatie qu’il se tourne avec notamment une mission à Mantoue (1655) aboutissant à la signature d’un traité.

Pourtant le jansénisme de sa famille le rattrape et, malgré l’amitié de la reine mère pour d’Andilly, il ne peut obtenir la charge de chancelier du duc d’Anjou. Bien plus, son attachement récent à Fouquet, dont il a marié une cousine, le perd : il est exilé en 1662 et, malgré l’amitié de Le Peletier et de Le Tellier, il ne peut rentrer à Paris avant 1665.

C’est alors le tournant de sa carrière : grâces à ses qualités et à ses nombreux amis il obtient l’ambassade de Suède puis celle des Provinces-Unies (1668) et une nouvelle ambassade à Stockholm (1671) où il donne toute satisfaction. C’est pourquoi à la mort de M. de Lionne il est choisit par le roi pour remplir la charge de secrétaire d'État aux affaires étrangères et de ministre d’État. Il dirige toute la diplomatie française dans une période troublée où la France est engagée dans une guerre contre une forte coalition, guerre qui se clôt en 1678 par le traité de Nimègue apportant la Franche-Comté à la France.

Pomponne est disgracié peu après, victime du rapport de force entre familles ministérielles et peut-être également du raidissement de la politique royale à l’encontre du jansénisme. Il s’occupe alors à écrire des mémoires sur son action politique, à mettre en valeur sa terre de Pomponne et à voir ses nombreux et illustres amis (Mme de Sévigné, Mme de La Fayette, M. de la Rochefoucauld…). Le roi lui conserva même son estime et certaines grâces (érection de Pomponne en marquisat, emplois et bénéfices pour ses fils…).

Il fut même rappelé au ministère en 1691, lors de la réorganisation des pouvoirs à la mort de Louvois, sans pourtant retrouver le secrétariat d'État. Ce n’est que quand Torcy obtint cette place que Pomponne retrouva un rôle plus important : Torcy étant devenu son gendre ils se répartirent tous les deux les charges de cet emploi. Il devint en outre surintendant des Postes en 1697.

Pomponne mourut à 81 ans, en 1699, laissant trois enfants et la réputation d’un homme aussi agréable que compétent.

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Dernière mise à jour le 18 janvier 2006